Valorisation énergétique des déchetsFiche explicative

CDR et CSR : combustibles issus de déchets — codes de déchets, normes, classes de qualité et marché des acheteurs

Le CDR est un combustible issu de la fraction à haut pouvoir calorifique des déchets, le CSR en est la variante normalisée et mieux décrite. Nous expliquons les codes 19 12 10 et 19 12 12, la classification normative et qui achète ce combustible.

Publié le Mis à jour le 5 min de lectureRédaction FeedstockData

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Zbliżenie na rozdrobnione odpady komercyjne – mieszanina tworzyw, papieru i folii przed przetworzeniem na paliwo RDF.
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Le CDR (angl. refuse-derived fuel) est un combustible obtenu à partir de la fraction à haut pouvoir calorifique des déchets après sa séparation et son broyage mécaniques, tandis que le CSR (solid recovered fuel) est un combustible solide issu de déchets qui répond aux exigences d’une norme technique et qui est classé selon des paramètres strictement définis. En pratique, de nombreux combustibles appelés CDR en Pologne n’ont pas le statut de CSR, car ils ne sont pas produits et certifiés conformément à la norme.

D’où vient la fraction combustible

La matière première est le plus souvent constituée de déchets municipaux en mélange et de résidus du tri des déchets collectés séparément. Dans les installations de traitement mécano-biologique (TMB) ou les centres de tri, on sépare sur des cribles, des séparateurs balistiques et optiques la fraction de refus de crible — papier, textiles, plastiques, bois, films — dont le pouvoir calorifique est généralement nettement supérieur à celui des déchets en mélange. On élimine ensuite les métaux, le verre et les autres inertes, puis on broie et éventuellement on sèche.

La fraction ainsi préparée est classée dans le catalogue des déchets, où, pour le CDR, on utilise le plus souvent :

Code Intitulé dans le catalogue Quand
19 12 10 Déchets combustibles (combustible de substitution) fraction combustible séparée dans l’installation, destinée à la valorisation énergétique
19 12 12 Autres déchets (y compris mélanges de matériaux) provenant du traitement mécanique des déchets autres que ceux visés à la rubrique 19 12 11 résidus de traitement, y compris la fraction combustible de moindre qualité

Le choix du code dépend de l’origine et du procédé ; il doit être cohérent dans le contrat, la fiche de transfert des déchets et les autorisations des deux parties.

Statut juridique : c’est toujours un déchet

Le combustible issu de déchets reste en général un déchet tant qu’il ne remplit pas les conditions de sortie du statut de déchet. Cela signifie que le producteur, le transporteur et le destinataire doivent disposer des autorisations appropriées, tenir le suivi dans la BDO (base de données sur les déchets), et que le destinataire doit traiter l’installation comme une installation de coïncinération ou un incinérateur avec les limites d’émission correspondantes. La possibilité, prévue par la loi sur les déchets, de définir des critères de sortie du statut de déchet exige une procédure distincte et n’est en pratique que rarement appliquée au CDR.

Classification du CSR selon la norme

La norme EN 15359 (CSR) introduit trois paramètres de classification de base — le pouvoir calorifique net, la teneur en chlore et la teneur en mercure — et, pour chacun d’eux, cinq ou trois classes :

Paramètre Classes Plage
Pouvoir calorifique net (état brut) 1–5 de ≥ 25 MJ/kg (classe 1) à ≥ 3 MJ/kg (classe 5)
Chlore (sur matière sèche) 1–5 de ≤ 0,2 % (classe 1) à ≤ 3 % (classe 5)
Mercure 1–3 rapporté à l’énergie (mg/MJ), séparément la médiane et la valeur du 80e percentile

La mention « NCV 3, Cl 2, Hg 2 » indique d’emblée à l’acheteur ce à quoi il peut s’attendre. La norme exige aussi un système de management de la qualité chez le producteur, un échantillonnage et une déclaration des propriétés. Ces exigences expliquent pourquoi le CSR se vend plus facilement et peut atteindre un prix plus élevé qu’un CDR non classé.

Qui achète ce combustible

  1. Les cimenteries — le plus gros acheteur, elles utilisent des combustibles d’un pouvoir calorifique déterminé et à faible teneur en chlore et en mercure.
  2. Les incinérateurs de déchets — ils acceptent le CDR comme charge si leurs autorisations et leurs chaudières à grille ou à lit fluidisé y sont adaptées.
  3. Les centrales de cogénération et les chaudières dédiées — elles exigent un combustible de qualité bien définie ; le chlore et les alcalins constituent une limite en raison de la corrosion.
  4. L’exportation — une partie du flux a été expédiée à l’étranger ; la réglementation relative aux transferts de déchets évolue, il faut donc vérifier les exigences actuelles avant de planifier une telle filière.

Pourquoi le marché du CDR est parfois instable

  • La demande dépend de quelques acheteurs. Les arrêts d’entretien d’un four de cimenterie ou la limitation des réceptions repoussent immédiatement le combustible vers les stocks.
  • Les redevances de mise en décharge stimulent la production de CDR : plus la mise en décharge est chère, plus on est enclin à orienter la fraction combustible vers la valorisation énergétique.
  • Les prix de reprise varient avec la conjoncture des combustibles fossiles et avec l’offre de déchets.
  • Sécurité incendie. Les stocks de combustible issu de déchets font partie des sites à risque d’incendie accru, et exigent donc des limites de stockage appropriées et des installations de protection incendie.

Conseils pratiques pour le producteur

  • Commencez par des analyses : pouvoir calorifique, humidité, chlore, mercure, granulométrie — en plusieurs séries à différentes saisons.
  • Fixez la spécification cible avec l’acheteur avant de construire la ligne technologique.
  • Prévoyez au moins deux débouchés.
  • Veillez à un stockage en quantités limitées et à la surveillance de la température des tas.
  • Veillez à la conformité des documents : code de déchet, fiche de transfert, autorisation.

Une chaîne CDR/CSR bien conçue réduit la quantité de déchets mis en décharge et remplace des combustibles fossiles, mais ne remplace ni la collecte sélective ni le recyclage. Le combustible issu de déchets est un complément du système, qui a du sens lorsqu’il est dirigé vers une installation respectant le bon niveau d’émissions.

Ce qui compose le prix et la rentabilité

Le calcul du producteur de combustible issu de déchets repose sur plusieurs postes : le produit de la réception des déchets (redevance de réception), les coûts de traitement mécanique (broyage, séparation, séchage), les coûts d’évacuation des résidus impropres au combustible (lest, fraction fine), ainsi que les recettes ou les paiements lors de la remise du combustible à l’acheteur. En pratique, le prix du combustible est parfois négatif : le producteur paie l’acheteur pour qu’il le reprenne, car le combustible est un déchet et non une marchandise. Plus la qualité est bonne (pouvoir calorifique plus élevé, chlore plus bas), meilleure est la position dans les négociations. C’est pourquoi la classification selon la norme, les analyses régulières et la documentation de la qualité sont un investissement et non une formalité.

Ce texte est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ; avant toute décision d’investissement ou démarche formelle, vérifiez la rédaction en vigueur des textes et consultez un juriste ou l’autorité compétente.

Sources

  1. Dyrektywa 2008/98/WE w sprawie odpadów — EUR-Lex
  2. Dyrektywa 2010/75/UE w sprawie emisji przemysłowych (IED) — EUR-Lex

Questions et réponses

Quelle est la différence entre le RDF et le SRF ?

Le RDF (Refuse-Derived Fuel) est un combustible issu de déchets présentant une qualité variable et souvent peu définie, tandis que le SRF (Solid Recovered Fuel) est un combustible produit conformément à la norme EN ISO 21640, avec des classes de qualité spécifiées (notamment la puissance calorifique, la teneur en chlore et en mercure).

Plus dans la FAQ

Le RDF est-il considéré comme un déchet ?

Oui, le RDF est un déchet (généralement sous le code 19 12 10) tant qu'il n'a pas franchi la procédure de « fin du statut de déchet ». Il ne devient un combustible que lorsqu'il remplit les critères légaux et normatifs, et non pas simplement parce qu'il est combustible.

Plus dans la FAQ