Émissions et climatActualité
Le Parlement européen adopte la révision de la directive IED. Les grandes exploitations porcines et avicoles désormais concernées
Le 12 mars 2024, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la révision de la directive relative aux émissions industrielles. Celle-ci inclut désormais les grandes exploitations porcines et avicoles, mais pas les élevages bovins.
Autres versions linguistiques : Polski, English, Deutsch, Español, Italiano, Nederlands.

Le Parlement européen a approuvé le 12 mars 2024 l’accord sur la révision de la directive relative aux émissions industrielles (IED), avec 393 voix pour, 173 contre et 49 abstentions. Pour le secteur du biogaz, il est important de noter que les nouvelles exigences concernent les grandes exploitations porcines et avicoles, c’est-à-dire les producteurs de lisier, de fumier et de déjections avicoles – des substrats couramment utilisés dans les unités de méthanisation agricoles.
Ce qui change
La révision a étendu le champ d’application de la directive à davantage d’exploitations. Conformément aux accords des colégislateurs, les exploitations porcines de plus de 350 UGB (unités de gros bétail) et les grandes exploitations avicoles sont désormais incluses dans le cadre de l’IED. Les élevages bovins, dont l’inclusion avait été proposée par la Commission, ont finalement été exclus. En contrepartie, la Commission devra évaluer d’ici le 31 décembre 2026 si des mesures supplémentaires sont nécessaires concernant les émissions issues de l’élevage, y compris bovin.
Après le vote du Parlement, l’acte doit encore être approuvé par le Conseil, puis publié au Journal officiel de l’UE. Les États membres disposeront d’environ deux ans pour la transposition.
Pourquoi cela est important pour le biogaz
La directive IED établit un système de permis intégrés basé sur les meilleures techniques disponibles (MTD). Pour les exploitations concernées par la nouvelle réglementation, cela implique notamment des exigences accrues en matière de stockage et d’épandage des engrais organiques, de réduction des émissions d’ammoniac et de méthane, ainsi que de surveillance. Le lisier traité dans une unité de méthanisation, puis le digestat utilisé comme engrais, constitue l’un des moyens possibles pour répondre à ces exigences, car la méthanisation réduit les émissions de méthane du lisier stocké et peut raccourcir sa durée de stockage dans des réservoirs ouverts.
Importance pour le secteur en Pologne
La Pologne est un grand producteur de porcs et de volailles, de sorte que les nouvelles réglementations concernent de nombreuses exploitations moyennes et grandes. Pour les propriétaires d’élevages, cela représente une charge administrative et d’investissement supplémentaire, mais aussi un argument en faveur d’une collaboration avec les unités de méthanisation, où les déjections animales servent de substrat. Il convient toutefois de garder à l’esprit les limites : une unité de méthanisation ne remplace pas un permis intégré ni ne dispense des exigences des MTD, et toute valorisation du digestat reste soumise aux règles de la directive nitrates et aux réglementations nationales sur les engrais.
Le secteur devrait surveiller la transposition. Le délai de deux ans pour la transposition signifie que les détails pour la Pologne (seuils, périodes transitoires, exigences techniques) apparaîtront dans les projets nationaux entre 2025 et 2026.
Prochaines étapes
L’étape suivante consistera en l’approbation de l’acte par le Conseil et sa publication au Journal officiel de l’UE. Au niveau national, le législateur polonais introduira les seuils et les règles dans la législation sur la protection de l’environnement. Par ailleurs, l’évaluation de la Commission prévue fin 2026 pourrait ouvrir la voie à une extension des réglementations aux élevages bovins. Les agriculteurs et les conseillers devraient donc suivre les projets nationaux, tandis que les unités de méthanisation agricoles devraient se préparer à un intérêt accru des exploitations pour les services de valorisation des déjections.





