Déchets et économie circulaireActualité

La Commission propose des objectifs de réduction du gaspillage alimentaire : –10 % dans la transformation et –30 % dans le commerce et les ménages

Le 5 juillet 2023, la Commission européenne a proposé des objectifs contraignants de réduction du gaspillage alimentaire d’ici 2030 et une responsabilité élargie des producteurs dans le secteur textile. Ce changement affectera le flux des déchets alimentaires.

Publié le Mis à jour le 3 min de lectureRédaction FeedstockData

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Brązowe pojemniki na bioodpady na podwórku osiedla, w jednym widoczne obierki i resztki jedzenia, jesienne liście.
Illustration : FeedstockData (IA, Google Gemini)

La Commission européenne a proposé le 5 juillet 2023 une révision ciblée de la directive-cadre sur les déchets. Le projet prévoit des objectifs contraignants de réduction du gaspillage alimentaire d’ici 2030 par rapport à 2020 : une diminution de 10 % dans la transformation et la production alimentaire, ainsi qu’une réduction de 30 % par habitant dans le commerce de détail, les restaurants, les services de restauration et les ménages. La seconde partie du paquet concerne les textiles : l’introduction d’une responsabilité élargie des producteurs. Pour le secteur des biodéchets et du biogaz, ce changement a une double signification – il limite la quantité de matière première, mais en améliore la qualité et la valeur.

Ce qui change

La hiérarchie de gestion des déchets place la prévention en première position. La Commission a reconnu que les actions volontaires ne suffisent pas : on estime que des dizaines de millions de tonnes de denrées alimentaires sont gaspillées chaque année dans l’UE. Les États membres devraient surveiller le gaspillage selon une méthodologie unifiée, mettre en place des programmes nationaux de prévention et rendre compte des progrès. Les objectifs sont contraignants au niveau des États, et non pour les entreprises individuelles. L’agriculture au niveau de la production primaire est traitée séparément dans le projet.

Les déchets alimentaires inévitables devront toujours être gérés. Conformément à la hiérarchie, ils sont d’abord orientés vers la réutilisation (par exemple, le don de denrées alimentaires), puis vers l’alimentation animale, et enfin vers le traitement biologique : le compostage ou la méthanisation (digestion anaérobie).

Importance pour le secteur en Pologne

Les unités de méthanisation polonaises de valorisation et les installations traitant les biodéchets s’approvisionnent en matières premières auprès de l’industrie agroalimentaire, de la restauration, du commerce et de la collecte sélective des déchets de cuisine. Si les usines de transformation et les magasins réduisent le gaspillage, une partie du flux disparaîtra, mais le reste sera mieux identifié et plus prévisible. Pour les exploitants, il est important d’intégrer dans les contrats avec les fournisseurs de matières premières des baisses de volume à long terme et des conditions flexibles.

Du point de vue de la politique climatique, la prévention du gaspillage alimentaire a l’effet le plus important : aucun déchet n’est produit, et il n’est donc pas nécessaire de le traiter. Le biogaz issu des biodéchets constitue une solution de second ordre, mais reste importante pour les déchets inévitables, tels que les restes de cuisine, les épluchures, les coquilles ou les résidus de production.

Points à surveiller

Les exploitants d’installations devraient suivre les projets de programmes nationaux de prévention du gaspillage et les exigences en matière de reporting. Il est utile de nouer des relations avec les réseaux commerciaux et les transformateurs, qui chercheront des moyens de valoriser légalement les restes, et de veiller à la séparation des flux, car la pureté des déchets détermine la qualité du digestat.

Impact sur la gestion des matières premières

Pour les unités de méthanisation de valorisation, il est crucial de distinguer les déchets évitables de ceux qui sont inévitables. Les premiers disparaîtront du flux, tandis que les seconds – comme les restes de préparation des repas ou les déchets de production – resteront. Les installations devraient donc prévoir une diversification des matières premières et ne pas baser leur modèle économique sur un seul fournisseur.

Prochaines étapes

Le projet sera transmis au Parlement européen et au Conseil. Les éléments clés seront la fixation des niveaux finaux des objectifs, des références de base et des définitions du gaspillage alimentaire. Pour la Pologne, où le système de collecte sélective des biodéchets est encore en cours de consolidation, les dispositions relatives au soutien à l’infrastructure de traitement seront particulièrement importantes.

Sources

  1. Komisja Europejska — wniosek dotyczący zmiany dyrektywy ramowej w sprawie odpadów, COM(2023) 420
  2. Komisja Europejska — Food waste reduction targets