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Gas for Climate : voies de décarbonation du gaz d’ici 2050 et proposition d’un objectif contraignant de 10 % de gaz renouvelables d’ici 2030
Le consortium Gas for Climate a publié une étude réalisée par Guidehouse, selon laquelle le biométhane et l’hydrogène dans l’infrastructure gazière existante pourraient réduire les coûts de la transition de plus de 200 milliards d’euros par an.
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Le consortium Gas for Climate a publié le 22 avril 2020 l’étude « Gas Decarbonisation Pathways 2020–2050 », réalisée par Guidehouse (anciennement Navigant). Selon les auteurs, le transport de grands volumes de biométhane ainsi que d’hydrogène vert et bleu via l’infrastructure gazière existante constitue une voie moins coûteuse vers la neutralité climatique qu’un système reposant sur un rôle minimal du gaz. Le document formule une proposition politique concrète : un objectif contraignant de 10 % de gaz renouvelables d’ici 2030.
Principales conclusions
L’étude adopte un scénario prévoyant une réduction des émissions de 55 % d’ici 2030 et la neutralité climatique d’ici 2050. Les principales thèses sont les suivantes :
- rôle de l’infrastructure — d’ici 2050, environ 2 900 TWh de gaz renouvelables, principalement du biométhane et de l’hydrogène vert, pourraient transiter par les gazoducs existants ;
- économies — l’exploitation de ce potentiel réduirait les coûts du système énergétique de plus de 200 milliards d’euros par an par rapport à un scénario de recours minimal au gaz ;
- intégration sectorielle — la connexion des réseaux électriques, gaziers et thermiques offre les plus grands avantages pour l’ensemble du système ;
- émissions négatives — le biométhane produit avec captage et stockage du CO₂ (CCS) pourrait générer des émissions négatives ;
- hydrogène à faibles émissions — l’hydrogène bleu pourrait accélérer la décarbonation dans une phase initiale.
Propositions réglementaires
Le consortium a proposé un objectif contraignant de 10 % de gaz renouvelables dans la consommation de gaz d’ici 2030, un renforcement du système européen d’échange de quotas d’émission (ETS) ainsi que des contrats pour différence limités dans le temps, qui stimuleraient la demande en hydrogène et en biométhane. Il a également été recommandé d’adapter le cadre réglementaire aux exigences de l’infrastructure future, notamment en facilitant le commerce transfrontalier et en établissant des règles claires pour le transport de l’hydrogène.
Importance pour les unités de méthanisation et le biométhane
Pour les producteurs de biogaz, ce signal est important : le secteur gazier considère le biométhane comme un élément durable du mix énergétique, et non comme une simple solution transitoire. L’étude, en tant que position des opérateurs d’infrastructure, avait un intérêt naturel à maintenir les réseaux gaziers, ce qui invite à en interpréter les conclusions dans ce contexte. Toutefois, celles-ci convergent avec les conclusions d’autres analyses, notamment le rapport de l’AIE de mars 2020, selon lequel le biogaz et le biométhane figurent parmi les solutions les moins coûteuses pour décarboner le gaz.
Perspectives
L’étude a été publiée à un moment où la Commission européenne préparait sa stratégie hydrogène et sa stratégie d’intégration du système énergétique. Les propositions du consortium s’inscrivaient dans le débat sur le rôle des gaz décarbonés et sur la nécessité d’objectifs quantitatifs contraignants. La forme finale des réglementations dépendait des négociations au Parlement européen et au Conseil.
Qui sont les auteurs
Gas for Climate est un consortium d’opérateurs européens de systèmes de transport de gaz et d’organisations représentant le secteur des gaz renouvelables. L’étude a été réalisée par le cabinet de conseil Guidehouse. Il ne s’agit pas d’un organe réglementaire indépendant, mais d’un groupe de parties prenantes. Il est donc utile de comparer ses résultats avec les analyses de la Commission européenne, de l’Agence internationale de l’énergie et des organisations professionnelles d’autres secteurs, comme celui de l’électricité.





