Déchets et économie circulaireFiche explicative
Incendies sur les décharges et dans les dépôts illégaux de déchets : ampleur, effets et prévention
En 2018, 243 incendies de décharges sauvages et de sites de stockage ont été recensés, 177 en 2019, 111 en 2020. Nous expliquons d’où viennent les incendies de déchets, ce qui est alors libéré et comment limiter le risque.
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Les incendies sur les décharges et dans les dépôts illégaux de déchets constituent en Pologne un problème d’environnement et de sécurité, mais les données montrent qu’après le pic de 2018, le nombre d’événements recensés a diminué : de 243 incendies de décharges sauvages et de sites de stockage en 2018 à 177 en 2019 et 111 en 2020. La source de ces chiffres est toutefois attribuée tantôt à l’un, tantôt à l’autre (PSP ou GUS), et les relevés couvrent aussi bien les décharges légales que les dépôts sauvages ; ils ne constituent donc pas une série complète et homogène.
Ampleur du problème
L’année 2018 a été marquée par une série d’événements très médiatisés dans des lieux de stockage illégal de déchets. Le ministère du Climat et de l’Environnement a cité notamment Zgierz, Trzebinia et Wszedzień comme des lieux où des incendies volontaires, destinés à dissimuler un stockage illégal, auraient pu avoir lieu. Selon Radio Kielce, 2022 a vu le plus petit nombre de grands incendies d’entrepôts de déchets depuis 2018 (11), ce qui ne concerne cependant que les événements jugés importants et n’est pas comparable aux totaux antérieurs. Les données de 2021 étaient incomplètes (le PSP faisait état de 57 événements depuis le début de l’année). Il n’y a donc aucune raison de parler d’une tendance croissante ; il existe en revanche un problème d’incendies isolés, très importants et de longue durée.
Ce qui est libéré
Les déchets en combustion forment un mélange de matériaux de composition variée, c’est pourquoi la fumée est toxique :
- les matières plastiques (surtout le PVC) libèrent des dioxines et des furanes, qui s’accumulent dans les organismes,
- les pneus produisent une fumée dense contenant des oxydes de soufre, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et de la suie,
- les batteries et accumulateurs contiennent des métaux lourds (plomb, cadmium, mercure) et des composés du lithium, qui polluent le sol et les eaux,
- les incendies de décharges émettent aussi du dioxyde de carbone et du méthane, si des couches de déchets organiques couvent.
Les effets dépendent de la durée de l’incendie, des conditions météorologiques et du mode d’extinction (l’eau utilisée pour l’extinction entraîne les polluants).
Causes
- Le stockage illégal dans des halls abandonnés et sur des friches, sans protections.
- Les incendies volontaires, destinés à détruire des preuves ou à « réduire » la quantité de déchets.
- L’auto-inflammation, lorsque la décomposition de la matière organique dégage de la chaleur et que la ventilation est mauvaise, en particulier dans les décharges avec biogaz de décharge (Biogaz de décharge : formation, composition et obligations de dégazage des décharges).
- Les carences d’infrastructure : lorsque le traitement légal est coûteux ou indisponible, la tentation du stockage illégal augmente.
- Une application faible de la loi : les contrôles et les sanctions doivent être efficaces et rapides.
Prévention
- Contrôles et surveillance : inspections de la protection de l’environnement, pompiers, drones et caméras thermiques sur les sites à risque élevé.
- Protections incendie dans les installations légales : séparation des zones de stockage, limitation de la hauteur des andains, bornes d’incendie, surveillance de la température.
- Installations légales et accessibles : centres de tri, installations de compostage, unités de méthanisation, usines de recyclage et de traitement thermique ; lorsqu’elles disposent de capacités de traitement et de prix compétitifs, la rentabilité des pratiques illégales diminue.
- Éducation et transparence : habitants signalant les irrégularités, informations claires sur ce qu’il advient des déchets.
Les unités de méthanisation qui traitent des déchets ont elles aussi des obligations en matière de sécurité ; les principes de prévention et de réaction dans les unités de méthanisation sont décrits dans l’article Incendies dans les unités de méthanisation.
La réduction des incendies de déchets exige donc de combiner contrôles, application de la loi et construction d’une infrastructure légale ; aucun de ces outils ne suffit seul.
Rôle du biogaz de décharge et des déchets qui couvent
Sur les décharges en exploitation et fermées existe un danger distinct : les incendies souterrains, dans lesquels la matière couve en profondeur de l’andain. Ils sont favorisés par le dessèchement, l’arrivée d’air par les défauts d’étanchéité et l’accumulation de biogaz de décharge, qui contient du méthane inflammable. Un dégazage efficace, le contrôle de la température dans le corps de la décharge et une couverture étanche limitent ce risque. L’extinction de tels incendies est difficile, car l’eau peut ne pas atteindre le foyer, et des interventions inappropriées augmentent l’apport d’air.
Ce que peuvent faire les communes et les habitants
Les communes sont responsables de la prévention des dépôts sauvages (nettoyage, contrôle, points PSZOK), et les habitants du signalement des stockages illégaux. Une coopération efficace avec l’inspection de la protection de l’environnement et les pompiers raccourcit le temps de réaction et permet d’évacuer les déchets avant qu’un incendie ne se déclare.
Effets pour les habitants
La fumée des incendies de déchets peut contenir des particules en suspension et des composés toxiques ; c’est pourquoi, en cas de grand incendie, les services recommandent de fermer les fenêtres et de limiter le séjour à l’extérieur sous le vent. Après l’extinction de l’incendie, des analyses du sol, des eaux et de l’air aux alentours sont parfois nécessaires, et les coûts d’évacuation des déchets sont souvent supportés par les communes ou par le Trésor public, lorsque l’auteur ne peut être identifié.
Sources
Questions et réponses
Pourquoi les incendies de déchets sont-ils particulièrement dangereux ?
Les mélanges de plastiques, de pneus, de batteries et d’autres matériaux s’enflamment, libérant des dioxines, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des métaux lourds. Les incendies peuvent durer plusieurs jours, et les fumées se dispersent sur de longues distances.





