BioLNG et bioCNGActualité

Première livraison de bioGNL pour le pétrolier Fure Vinga à Amsterdam. Le soutage de biocarburant en pratique

En mai 2022, l'entreprise néerlandaise Titan LNG a livré 60 tonnes de bioGNL au pétrolier Fure Vinga dans le port d'Amsterdam. Il s'agit de l'une des premières livraisons de ce type dans les ports européens, une étape importante pour le secteur maritime.

Publié le 3 min de lectureRédaction FeedstockData

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Statek do bunkrowania LNG przy nabrzeżu w porcie Rotterdam, w tle turbiny wiatrowe i żurawie przeładunkowe.
Photo kees torn / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 2.0, fichier source; modifications: recadrage

En mai 2022, l'entreprise néerlandaise Titan LNG a annoncé la livraison de 60 tonnes de bioGNL au pétrolier Fure Vinga dans le port d'Amsterdam. Le soutage a été effectué par la barge Titan FlexFueler 002, et l'entreprise a qualifié cette opération de première livraison de bioGNL à Amsterdam. Cet exemple illustre comment le biométhane – après liquéfaction – alimente le secteur maritime et remplace les carburants fossiles dans les navires déjà équipés de moteurs fonctionnant au GNL.

Ce qui change

Le bioGNL est du biométhane liquéfié par refroidissement à environ –162 °C, ce qui réduit son volume d'environ 600 fois et permet son transport par citernes ou barges. En termes de composition, il s'agit principalement de méthane, comme pour le GNL d'origine fossile (qui peut également contenir d'autres hydrocarbures et de l'azote). Ainsi, sous réserve de respecter les paramètres de qualité requis, il peut être souté dans les mêmes réservoirs et moteurs. La différence réside dans son origine : le biométhane est produit à partir de déchets ou de matières premières renouvelables, et son bilan d'émissions sur l'ensemble du cycle de vie est significativement plus faible.

Pour les armateurs ayant investi dans des navires fonctionnant au GNL, le bioGNL représente un moyen de réduire leur empreinte carbone sans modifier leurs moteurs. Les livraisons s'effectuent selon un modèle comptable : le biométhane est injecté dans le réseau gazier, et le gaz liquéfié souté dans le port est enregistré avec les certificats de durabilité appropriés. Cela revêt une importance particulière pour le respect des exigences européennes applicables au secteur maritime.

Importance pour le secteur en Pologne

En Pologne, le marché du bioGNL n'existe pas encore, mais le secteur maritime et logistique observe les expériences européennes. Du point de vue des producteurs de biométhane, les livraisons destinées aux ports constituent une alternative à la vente sur le réseau, en particulier lorsque celui-ci est éloigné. Les cadres réglementaires sont toutefois essentiels : système de certification, mécanismes de comptabilisation des réductions d'émissions dans le transport maritime et accès à des infrastructures de liquéfaction.

Pour que la production de bioGNL soit rentable, une source importante et stable de biométhane est nécessaire, par exemple une installation basée sur des déchets municipaux, du lisier ou des boues. Dans le contexte polonais, les défis logistiques peuvent inclure la proximité des clients et l'accès aux ports. Les installations de liquéfaction sont encore peu nombreuses aujourd'hui, et leur construction nécessite des investissements importants.

Pourquoi le secteur maritime s'intéresse au biométhane

Les navires fonctionnant au GNL disposent des mêmes types de réservoirs et de moteurs, quel que soit l'origine du gaz. Ainsi, le passage au bioGNL ne nécessite aucune modification technique. Pour l'armateur, cela représente une voie simple pour réduire les émissions, à condition de garantir la disponibilité du carburant et sa certification. Pour les producteurs de biométhane, l'intérêt réside dans le fait que le secteur maritime paie généralement plus cher pour les carburants à faible émission que le marché de la chaleur, tout en exigeant des documents transparents concernant l'origine des matières premières.

Perspectives

L'Union européenne travaille sur le règlement FuelEU Maritime, qui introduira des exigences concernant l'intensité des émissions des carburants utilisés dans le transport maritime, ainsi que sur l'extension du système d'échange de quotas d'émission (ETS) au transport maritime. Ces deux réglementations augmenteront la demande en carburants à faible empreinte carbone, dont le bioGNL. Pour les producteurs de biométhane, cela constitue un signal pour intégrer dans leurs plans la liquéfaction ou la collaboration avec les opérateurs de terminaux.

Sources

  1. Manifold Times — Titan LNG FlexFueler 002 delivers 60 mt of bio-LNG bunker fuel to Fure Vinga
  2. Maritime Executive — Titan plans first dual-fuel bio-LNG bunkering vessel